Plus de 17 millions de barils ont transité par Ormuz lundi, un record depuis le début de la guerre
Le trafic pétrolier à travers le détroit d’Ormuz a atteint son niveau le plus élevé depuis le début de la guerre avec l’Iran, selon le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright. Plus de 17 millions de barils de pétrole ont franchi le passage maritime lundi, malgré les attaques répétées contre des navires et les tensions militaires persistantes entre Washington et Téhéran. Avant le début du conflit le 28 février, environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers transitaient par le détroit.
Wright estime que cette remontée des volumes montre que l’Iran perd progressivement sa capacité à perturber durablement la circulation énergétique dans cette zone stratégique. Les États-Unis ont mis en place un corridor maritime protégé le long des côtes d’Oman afin de permettre aux pétroliers de leurs alliés du Golfe de continuer à franchir Ormuz. Selon le responsable américain, les exportations régionales de lundi auraient même dépassé les niveaux d’avant-guerre si l’on inclut les volumes transportés par les oléoducs saoudiens et émiratis qui contournent le détroit.
Les flux se rapprochent des niveaux d’avant-guerre
Le chiffre de plus de 17 millions de barils par jour représente une amélioration majeure par rapport aux périodes où les perturbations liées au conflit avaient fortement limité la circulation maritime. Avant les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, environ 20 millions de barils de brut et de produits pétroliers traversaient quotidiennement Ormuz.
Cette comparaison montre que le passage n’a pas encore retrouvé complètement son rythme historique, mais que l’écart s’est considérablement réduit selon les données américaines. Wright affirme même que l’ensemble des exportations pétrolières régionales a dépassé lundi les niveaux d’avant-guerre lorsque les oléoducs permettant de contourner Ormuz sont pris en compte.
Cette distinction est importante. Les volumes traversant directement le détroit restent légèrement inférieurs à ceux observés avant le conflit, mais la région dispose aussi d’infrastructures alternatives permettant à une partie du pétrole de rejoindre les marchés internationaux sans utiliser la voie maritime la plus exposée.
Washington estime que l’Iran perd son principal levier énergétique
Chris Wright considère que la remontée du trafic réduit l’influence de l’Iran sur le marché énergétique mondial. Il a déclaré que Téhéran perdait progressivement sa capacité à « tenir l’économie mondiale en otage » en perturbant les expéditions à travers Ormuz.
Cette formulation reflète la stratégie américaine consistant à préserver les flux malgré les menaces et attaques contre les navires. Pour Washington, l’objectif n’est pas nécessairement d’éliminer immédiatement tout risque dans le détroit, mais de rendre les perturbations suffisamment limitées pour que les exportations puissent continuer.
Wright reconnaît que l’Iran provoque encore des interruptions, mais estime que ce levier devient moins efficace à mesure que davantage de pétroliers utilisent le corridor protégé par l’armée américaine.
Un corridor protégé longe désormais les côtes d’Oman
Les forces américaines ont établi une route maritime sécurisée le long de la côte omanaise. Les pétroliers appartenant aux alliés du Golfe utilisent ce corridor pour franchir le détroit sous protection.
Selon les informations fournies, certains navires transitent la nuit avec leurs transpondeurs désactivés afin de réduire le risque d’être ciblés. Cette méthode complique également le suivi effectué par les entreprises commerciales de surveillance maritime.
C’est l’une des raisons avancées par Wright pour expliquer l’écart entre les chiffres communiqués par Washington et ceux de certains services indépendants de suivi des navires. Le secrétaire à l’Énergie soutient que le gouvernement américain, grâce aux données du département de l’Énergie et de l’armée, dispose d’une vision plus complète des mouvements réels.
Les données américaines sont supérieures à celles de certains trackers indépendants
La différence entre les statistiques officielles et les données privées constitue un élément important de l’analyse. Les entreprises de suivi maritime utilisent notamment les signaux transmis par les navires pour déterminer leurs mouvements.
Lorsque certains pétroliers coupent leurs transpondeurs, ces systèmes peuvent sous-estimer le nombre de passages.
Wright affirme que les États-Unis disposent de meilleures données parce qu’ils peuvent observer des mouvements qui n’apparaissent pas nécessairement dans les bases commerciales. Cette affirmation vient du gouvernement américain et ne signifie pas que les écarts entre toutes les sources ont été entièrement résolus.
Pour le marché, cette différence est importante car l’évaluation du risque d’approvisionnement dépend directement du volume réel qui parvient à franchir le détroit.
Les attaques contre les pétroliers n’ont pourtant pas cessé
La remontée du trafic ne signifie pas que la route maritime est redevenue sûre. L’Iran a continué d’attaquer des navires utilisant le corridor protégé par les États-Unis et exige que les bâtiments commerciaux empruntent plutôt un passage septentrional à travers ses eaux.
Au moins deux pétroliers ont été attaqués dans le détroit cette semaine, selon les rapports du United Kingdom Maritime Trade Operations Centre.
Ces incidents montrent que le niveau de risque reste élevé même si les flux augmentent. Le principal changement n’est donc pas la disparition des menaces, mais la capacité des exportateurs et de leurs alliés à maintenir davantage de trafic malgré celles-ci.
Le marché pétrolier réagit aussi à la reprise des frappes militaires
Les prix du brut américain ont reculé d’environ 1 % mercredi, même si les contrats avaient évolué autour de 90 dollars le baril plus tôt dans la séance. Le marché doit gérer simultanément l’amélioration des exportations et une nouvelle escalade militaire entre Washington et Téhéran.
Les deux pays ont récemment repris leurs frappes après une période de calme relatif. Cette évolution maintient une prime de risque géopolitique, même si les données sur les flux physiques sont meilleures.
Le marché se retrouve ainsi face à deux signaux opposés. La hausse des transits réduit le risque immédiat de pénurie, tandis que les nouvelles attaques augmentent la possibilité que les progrès enregistrés soient à nouveau interrompus.
Le niveau d’avant-guerre reste une référence essentielle
Le seuil des 20 millions de barils par jour qui traversaient Ormuz avant le 28 février reste le principal point de comparaison.
Avec plus de 17 millions de barils lundi, les flux se sont rapprochés de cette référence sans encore l’atteindre directement.
Toutefois, l’ajout des exportations via les oléoducs de contournement de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis change la lecture du marché régional. Wright affirme qu’en prenant ces infrastructures en compte, le volume total expédié lundi a dépassé celui d’avant-guerre.
Cela suggère que la capacité d’adaptation du système énergétique du Golfe joue un rôle de plus en plus important dans la limitation de l’impact du conflit.
La stratégie américaine vise la continuité des exportations
Wright a résumé la position de Washington en déclarant que, « avec ou sans l’Iran », le pétrole et le gaz continueraient à sortir de la région du Golfe.
La déclaration montre que les États-Unis cherchent à transformer la sécurité maritime en élément central de leur réponse économique au conflit. Plutôt que de laisser les attaques iraniennes interrompre totalement les exportations, Washington fournit une protection militaire et soutient des itinéraires alternatifs.
Cette stratégie pourrait réduire la capacité de l’Iran à utiliser Ormuz comme levier économique, mais elle dépend de la capacité à protéger durablement les navires et à éviter une escalade suffisamment importante pour rendre le corridor inutilisable.
L’amélioration des flux ne supprime pas le risque d’escalade
Les volumes de lundi constituent un signal positif pour l’approvisionnement mondial, mais ils ne garantissent pas que ce niveau puisse être maintenu.
La présence de navires escortés, les transits nocturnes et la désactivation des transpondeurs montrent que la circulation reste organisée dans un environnement de sécurité exceptionnel.
Une nouvelle intensification des attaques pourrait rapidement modifier les conditions.
Le marché devra donc observer non seulement le nombre de barils transitant chaque jour, mais aussi la fréquence des incidents et la capacité des forces américaines à maintenir le corridor opérationnel.
Conclusion
Plus de 17 millions de barils de pétrole ont traversé le détroit d’Ormuz lundi, selon le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright, soit le niveau le plus élevé depuis le début de la guerre en février.
Les volumes restent inférieurs aux quelque 20 millions de barils par jour observés avant le conflit lorsqu’on considère uniquement le détroit. Toutefois, Wright affirme que les exportations totales de la région ont dépassé les niveaux d’avant-guerre une fois les oléoducs de contournement saoudiens et émiratis inclus.
Point clé final
L’évolution la plus importante n’est pas la disparition du risque à Ormuz, mais la capacité croissante à maintenir les flux malgré ce risque. Le corridor protégé par les États-Unis permet aux exportations de revenir vers leurs niveaux historiques, même si des pétroliers continuent d’être attaqués. Pour le marché mondial du pétrole, la question centrale sera désormais de savoir si ce niveau de trafic peut être maintenu malgré une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran.



