L’or passe sous les 5 000 $ sous la pression des taux, mais les perspectives restent positives à long terme
Journalier

L’or passe sous les 5 000 $ sous la pression des taux, mais les perspectives restent positives à long terme

Mar 17, 2026

L’or a reculé lundi, passant brièvement sous le seuil psychologique des 5 000 dollars l’once, alors que les attentes de baisses rapides des taux d’intérêt aux États-Unis continuent de s’éloigner. La hausse persistante des prix de l’énergie et les incertitudes liées aux politiques monétaires mondiales ont pesé sur l’attrait du métal précieux à court terme.

Malgré cette baisse, la faiblesse relative du dollar américain a limité les pertes. Un dollar plus faible rend en effet les matières premières libellées dans cette devise, comme l’or, moins coûteuses pour les acheteurs internationaux.

Selon Lallalit Srijandorn, analyste chez FXStreet, les marchés sont actuellement davantage focalisés sur les décisions des banques centrales que sur les tensions géopolitiques pourtant importantes au Moyen-Orient.

Les taux d’intérêt dominent le sentiment du marché

Au moment de la rédaction, le contrat or sur le COMEX s’échangeait autour de 5 018,56 dollars l’once, en baisse d’environ 0,9 %. Plus tôt dans la séance, les prix avaient même chuté jusqu’à 4 971,30 dollars.

Le principal facteur expliquant cette pression reste l’évolution des anticipations de politique monétaire aux États-Unis. Les investisseurs s’attendent désormais largement à ce que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion, ce qui marquerait une deuxième décision consécutive de statu quo.

Plusieurs grandes banques centrales doivent également annoncer leurs décisions cette semaine, notamment la Banque du Japon, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine. Dans l’ensemble, les marchés anticipent une pause généralisée dans les ajustements de taux.

La seule exception pourrait être la Reserve Bank of Australia, qui devrait relever ses taux une nouvelle fois.

La hausse du pétrole alimente les inquiétudes inflationnistes

Les prix du pétrole restent au-dessus de 100 dollars le baril alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans sa troisième semaine. Cette situation maintient les marchés sous tension, car elle menace les infrastructures pétrolières et perturbe les flux énergétiques mondiaux.

La fermeture du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus importants pour le transport du pétrole, renforce ces inquiétudes.

La hausse du pétrole contribue à maintenir l’inflation à un niveau élevé, car elle augmente les coûts de production et de transport à travers l’économie mondiale. Cela complique la tâche des banques centrales, qui doivent équilibrer la lutte contre l’inflation et le soutien à la croissance.

Dans ce contexte, les investisseurs craignent que les taux d’intérêt restent élevés plus longtemps que prévu.

Pourquoi des taux élevés pèsent sur l’or

Traditionnellement, l’or est considéré comme une couverture contre l’inflation et les incertitudes économiques. Toutefois, lorsque les taux d’intérêt restent élevés, son attrait peut diminuer.

Contrairement aux obligations ou à d’autres actifs financiers, l’or ne génère aucun rendement. Ainsi, lorsque les taux montent, les investisseurs peuvent être tentés de se tourner vers des actifs offrant des revenus, comme les obligations d’État.

Selon Thu Lan Nguyen, responsable de la recherche sur les devises et les matières premières chez Commerzbank, cette évolution des anticipations de taux explique en grande partie la pression récente sur le métal précieux.

Le marché américain ne prévoit désormais plus clairement de baisse de taux de 25 points de base d’ici la fin de l’année. Ce changement contraste fortement avec les anticipations de fin février, lorsque les investisseurs s’attendaient à plusieurs réductions de taux.

Les tensions géopolitiques restent élevées

Malgré la focalisation actuelle sur la politique monétaire, les risques géopolitiques restent un facteur important pour les marchés.

Le président américain Donald Trump a annoncé que son administration discutait avec plusieurs pays afin de renforcer la sécurité dans le détroit d’Ormuz. Il a également affirmé que les nations fortement dépendantes du pétrole du Golfe avaient la responsabilité de contribuer à la protection de cette route maritime stratégique.

Au cours du week-end, les forces américaines ont ciblé plusieurs installations militaires situées sur l’île de Kharg, un centre majeur d’exportation pétrolière iranien. En réaction, l’Iran a menacé de frapper des installations pétrolières dans la région liées aux États-Unis.

Ces développements contribuent à maintenir un climat d’incertitude sur les marchés mondiaux.

Les perspectives à long terme pour l’or restent solides

Malgré la faiblesse actuelle des prix, de nombreux analystes continuent de voir un potentiel haussier pour l’or à long terme.

Selon un rapport de Kitco, l’environnement économique mondial reste fragile. Les finances publiques de nombreux pays sont sous pression en raison de l’augmentation des coûts d’emprunt et de niveaux d’endettement souverain historiquement élevés.

Les tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, ainsi que la rivalité stratégique entre grandes puissances, continuent également d’alimenter l’incertitude sur les marchés.

Dans ce contexte, les grands investisseurs institutionnels considèrent toujours l’or comme un actif important de diversification.

Plusieurs gestionnaires d’actifs estiment que le métal précieux peut offrir une protection contre les risques structurels croissants qui pèsent à la fois sur les actions et les obligations.

Une faiblesse temporaire plutôt qu’un retournement de tendance

Pour certains analystes, la baisse récente de l’or reflète davantage une question de timing que de fondamentaux.

Neils Christensen, analyste chez Kitco, estime que la faiblesse actuelle pourrait simplement représenter une phase temporaire dans un cycle haussier plus large.

À court terme, les marchés restent dominés par la frustration liée aux taux d’intérêt élevés et à l’incertitude monétaire. Mais les forces structurelles qui soutiennent la demande pour l’or — inflation persistante, tensions géopolitiques et fragilité économique — restent bien présentes.

Conclusion

La baisse de l’or sous les 5 000 dollars illustre les tensions actuelles entre les attentes de politique monétaire et les risques géopolitiques mondiaux. Les taux d’intérêt élevés et la hausse des prix du pétrole continuent de peser sur le métal précieux à court terme.

Cependant, de nombreux analystes estiment que les fondamentaux de long terme restent favorables. L’or continue d’être perçu comme une protection contre l’incertitude économique, l’inflation et les tensions internationales.

Si la pression liée aux taux persiste dans l’immédiat, les forces structurelles qui soutiennent la demande pour l’or pourraient bien finir par reprendre le dessus.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *