Le pétrole se stabilise après la publication du texte de l’accord entre les États-Unis et l’Iran
Les prix du pétrole ont terminé en ordre dispersé mercredi après la publication du texte du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran, un accord préliminaire qui doit être signé plus tard dans la semaine. Le marché a tenté d’évaluer à la fois l’impact immédiat de la réouverture du détroit de Hormuz et les risques persistants liés aux négociations nucléaires, aux sanctions financières et à la stabilité régionale.
Le Brent, référence internationale du brut, a clôturé en hausse de près de 1 %, à 79,55 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain a, lui, terminé en baisse de 1 %, à 75,27 dollars le baril. Cette divergence montre que les traders ne traitent pas encore l’accord comme une normalisation complète du marché pétrolier.
Depuis l’annonce de l’accord de paix entre Washington et Téhéran, les prix du pétrole ont nettement reculé. Le texte prévoit que l’Iran pourra reprendre immédiatement ses ventes de pétrole et de carburant, que le détroit de Hormuz sera rouvert et que Téhéran s’engagera à ne jamais produire ni acquérir d’arme nucléaire. Mais Donald Trump a prévenu que l’accord pouvait encore échouer et que les États-Unis pourraient reprendre les frappes si l’application du mémorandum ne lui convenait pas.
Le marché digère un accord encore préliminaire
La publication du texte a offert plus de visibilité aux marchés, mais elle n’a pas supprimé l’incertitude. Le mémorandum est présenté comme une première étape, pas comme un règlement définitif. Il doit permettre de réduire les tensions immédiates, de restaurer les flux commerciaux dans le Golfe et d’ouvrir une période de négociation sur les questions les plus sensibles.
Pour les marchés pétroliers, le point le plus important est la réouverture du détroit de Hormuz. Cette route maritime transporte normalement environ 20 % du trafic pétrolier mondial quotidien. Toute interruption dans cette zone peut provoquer une hausse rapide des prix du brut, des coûts d’assurance maritime et de la prime de risque géopolitique.
Avec la perspective d’une reprise rapide du trafic, les traders ont commencé à retirer une partie de cette prime. C’est ce qui explique la baisse marquée observée depuis l’annonce de l’accord.
Cependant, la stabilisation de mercredi montre que le marché n’est pas prêt à considérer le risque comme entièrement dissipé.
Brent et WTI réagissent différemment
La séance a été marquée par une performance contrastée entre le Brent et le WTI. Le Brent a progressé légèrement, tandis que le WTI a reculé. Cette divergence peut refléter des dynamiques différentes entre le marché international et le marché américain.
Le Brent est plus directement lié aux flux mondiaux, aux exportations du Moyen-Orient et aux risques géopolitiques dans le Golfe. Le WTI, de son côté, est davantage influencé par les conditions américaines, les stocks domestiques, la demande locale et les perspectives de production aux États-Unis.
La réaction mixte indique que les investisseurs restent prudents. La baisse globale du risque sur Hormuz exerce une pression baissière sur les prix, mais les incertitudes autour de la mise en œuvre de l’accord empêchent une chute incontrôlée.
Le marché semble donc entrer dans une phase d’attente : les prix ont intégré une amélioration du scénario, mais ils attendent la signature officielle et les premiers signaux opérationnels avant de repositionner plus fortement les contrats.
Trump maintient une pression militaire
Donald Trump a averti que le mémorandum pourrait encore échouer. Lors du sommet du G7 en France, il a déclaré que si l’accord ne lui convenait pas, les États-Unis pourraient reprendre les tirs et les bombardements contre l’Iran.
Cette déclaration est importante pour le pétrole. Elle signifie que la prime de risque géopolitique ne peut pas disparaître entièrement. Même si l’accord prévoit la réouverture de Hormuz et la reprise des ventes iraniennes, la menace d’une reprise militaire reste présente.
Pour les traders, cela crée une structure de marché asymétrique. Si l’accord fonctionne, l’offre peut augmenter et les prix peuvent rester sous pression. Mais si l’accord échoue, le risque d’une nouvelle perturbation du Golfe pourrait provoquer un rebond brutal du pétrole.
Le marché pétrolier ne réagit donc pas seulement aux volumes disponibles. Il réagit aussi au niveau de confiance dans la stabilité de l’accord.
Le retour du pétrole iranien change l’équilibre
L’un des éléments les plus significatifs du mémorandum est la possibilité pour l’Iran de reprendre immédiatement ses ventes de pétrole et de carburant. Une normalisation des exportations iraniennes pourrait ajouter une offre importante au marché mondial.
Goldman Sachs a ajusté ses prévisions en conséquence. La banque anticipe désormais un Brent moyen à 85 dollars le baril cette année, contre 90 dollars auparavant. Pour le WTI, la prévision moyenne passe de 85 à 80 dollars. Pour l’année suivante, Goldman prévoit un Brent à 75 dollars et un WTI à 70 dollars.
Cette révision reflète l’idée que les exportations du golfe Persique peuvent revenir rapidement à leurs niveaux d’avant-guerre. Goldman estime désormais que cette normalisation pourrait être atteinte d’ici la fin juillet, contre fin août dans son scénario précédent.
Ce changement de calendrier est important. Si le marché reçoit plus de pétrole plus rapidement que prévu, les prix peuvent être plafonnés, surtout si la demande physique reste modérée.
Hormuz reste la variable centrale
Le détroit de Hormuz demeure la variable la plus importante pour les prix du pétrole à court terme. Sa réouverture est positive pour l’offre mondiale, mais sa sécurité future reste incertaine.
Daan Struyven, analyste chez Goldman Sachs, a averti que l’Iran pourrait effectivement fermer à nouveau le détroit même après sa réouverture, notamment si les négociations détaillées sur le nucléaire échouent. Cette remarque résume le principal risque du marché : l’accord réduit le danger immédiat, mais ne l’élimine pas.
Hormuz n’est pas seulement un couloir maritime. C’est aussi un levier géopolitique. Tant que les discussions sur le nucléaire, les sanctions et l’administration future du détroit ne sont pas résolues, le risque de blocage ou de perturbation restera intégré dans les prix.
Le marché surveillera donc les tankers, les données de trafic, les coûts d’assurance et les déclarations militaires autant que les communiqués diplomatiques.
La question nucléaire reste non résolue
L’accord préliminaire inclut l’engagement de l’Iran à ne jamais produire ni acquérir d’arme nucléaire. Mais les détails techniques restent à négocier. Les discussions devront porter sur les limites du programme nucléaire iranien, les inspections, les stocks d’uranium enrichi et les mécanismes de vérification.
Pour les marchés pétroliers, ces détails comptent parce qu’ils conditionnent la durabilité de l’accord. Si les négociations nucléaires avancent, la normalisation des exportations iraniennes pourrait se poursuivre. Si elles échouent, les sanctions pourraient rester en place ou être réintroduites, et le risque militaire pourrait revenir.
La relation entre pétrole et nucléaire est donc directe. Le prix du brut dépendra en partie de la crédibilité du processus de vérification et du niveau de confiance entre Washington et Téhéran.
Les sanctions financières restent un obstacle
Un autre dossier majeur concerne les sanctions financières. Le mémorandum pourrait permettre à l’Iran de vendre du pétrole, mais la capacité réelle de transformer ces ventes en revenus dépendra des banques, des assurances, du transport maritime et des autorisations de paiement.
Même si les exportations reprennent, les opérateurs auront besoin de clarté sur les règles applicables. Les compagnies maritimes, assureurs, raffineurs et banques ne veulent pas risquer de violer les sanctions américaines ou internationales.
C’est pourquoi la levée ou l’assouplissement des sanctions doit être suffisamment précis pour permettre aux acteurs privés d’agir. Une autorisation politique vague ne suffit pas toujours à rétablir les flux commerciaux.
Si les sanctions sont assouplies progressivement et de manière conditionnelle, la reprise des exportations iraniennes pourrait être moins rapide que prévu. Si les dérogations sont claires et applicables immédiatement, l’offre pourrait revenir plus vite.
Pourquoi les prévisions de Goldman ont changé
La révision de Goldman Sachs montre que les grandes banques commencent à intégrer un scénario de désescalade. Une baisse de 5 dollars des prévisions moyennes pour le Brent et le WTI reflète une diminution de la prime de risque et une hypothèse de reprise plus rapide des exportations.
Cependant, Goldman ne prévoit pas un effondrement des prix. Un Brent moyen à 85 dollars cette année reste élevé par rapport aux niveaux observés avant la guerre, lorsque les prix du Brent et du WTI évoluaient autour de 65 à 70 dollars le baril.
Cela signifie que le marché conserve encore une prime. Les risques géopolitiques, la demande mondiale, la politique de l’OPEP, les stocks et les incertitudes sur la mise en œuvre de l’accord empêchent une révision trop agressive à la baisse.
Pour l’année suivante, les prévisions plus basses suggèrent que si la normalisation se confirme, le marché pourrait progressivement retrouver un équilibre moins tendu.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
Les investisseurs doivent d’abord surveiller la signature officielle de l’accord. Tant que le mémorandum n’est pas signé, le risque politique reste élevé.
Le deuxième point est la reprise réelle des exportations iraniennes. Les données de suivi maritime seront essentielles pour confirmer si les volumes reviennent rapidement.
Le troisième facteur est la stabilité du détroit de Hormuz. Une réouverture ne suffit pas ; il faut une navigation régulière, sans incidents, interceptions ou menaces.
Le quatrième élément est l’évolution des sanctions. Les marchés devront comprendre quelles ventes sont autorisées, quels services bancaires et d’assurance sont couverts, et quelles restrictions restent en place.
Enfin, les investisseurs devront surveiller les négociations nucléaires. Le succès ou l’échec de ces discussions pourrait déterminer si la baisse récente du pétrole est durable ou seulement temporaire.
Les prix du pétrole se sont stabilisés après la publication du texte du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent a légèrement progressé à 79,55 dollars le baril, tandis que le WTI a reculé à 75,27 dollars. Le marché intègre désormais la possibilité d’une reprise rapide des exportations iraniennes et d’une réouverture du détroit de Hormuz.
Goldman Sachs a abaissé ses prévisions de prix, estimant que les exportations du golfe Persique pourraient revenir à leurs niveaux d’avant-guerre d’ici la fin juillet. Mais les risques restent importants. L’accord doit encore être signé, les négociations nucléaires doivent avancer, les sanctions doivent être clarifiées et Hormuz doit rester ouvert.
Le texte de l’accord Iran-USA a réduit la prime de risque sur le pétrole, mais il n’a pas éliminé l’incertitude. La reprise des exportations iraniennes peut peser sur les prix, tandis que tout échec sur le nucléaire ou Hormuz pourrait provoquer un rebond brutal. Le marché est donc passé d’une logique de crise immédiate à une logique de surveillance de l’exécution.



