L’Iran attaque le Canada après son soutien aux actions américaines dans le détroit d’Ormuz
L’Iran a vivement critiqué le Canada après qu’Ottawa a condamné les « actions déstabilisatrices » de Téhéran au Moyen-Orient et annoncé son soutien aux efforts menés par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Dans une déclaration publiée sur X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a accusé le Canada de faire preuve de « confusion stratégique » et de céder à l’intimidation américaine.
La réaction iranienne intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Ottawa et Washington. Le même jour, le président américain Donald Trump a publié une image montrant le territoire des États-Unis couvrant le Canada, le Groenland et l’Islande. Baghaei a utilisé cette publication pour attaquer la logique de la position canadienne, affirmant qu’Ottawa avait choisi d’« apaiser » Washington au moment même où le président américain affichait, selon lui, du mépris pour la souveraineté et l’indépendance canadiennes.
La controverse mêle ainsi deux dossiers différents : la confrontation autour du détroit d’Ormuz et la détérioration des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Téhéran cherche désormais à relier ces deux fronts pour remettre en cause la cohérence de la politique étrangère canadienne.
Téhéran dénonce le soutien canadien aux initiatives dans le détroit d’Ormuz
La réaction d’Esmaeil Baghaei fait suite à une déclaration officielle du Canada condamnant les actions de l’Iran au Moyen-Orient. Ottawa a indiqué qu’il continuerait à travailler avec ses partenaires pour maintenir une pression importante sur Téhéran, notamment à travers des sanctions et un soutien aux initiatives visant à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Ces efforts sont conduits par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Pour le gouvernement canadien, la position s’inscrit dans une approche mettant en avant la sécurité régionale, la navigation internationale et la pression diplomatique sur l’Iran.
Téhéran rejette entièrement cette lecture. Baghaei a estimé que le Canada ne pouvait pas se présenter de manière crédible comme défenseur de la paix, de la sécurité, de la liberté de navigation et du droit international tout en soutenant ce qu’il qualifie d’« agression militaire américaine » et d’actions interventionnistes dans la région.
Cette formulation montre que l’Iran ne traite pas le soutien canadien comme une simple prise de position diplomatique. Téhéran le présente comme une participation politique à la stratégie américaine.
Baghaei utilise la relation Canada–États-Unis pour attaquer Ottawa
L’argument iranien ne porte pas uniquement sur le Moyen-Orient. Baghaei cherche aussi à mettre en évidence ce qu’il considère comme une contradiction dans les relations entre Ottawa et Washington.
Dans son message, il souligne que le Canada a choisi de soutenir les États-Unis le jour même où Donald Trump publiait une image représentant le Canada comme faisant partie du territoire américain.
Trump a déjà évoqué à plusieurs reprises, au cours de son second mandat, l’idée de faire du Canada le 51e État des États-Unis. Il a également parlé de l’annexion du Groenland, territoire semi-autonome appartenant au Danemark.
Pour Baghaei, le contraste est évident : Ottawa soutiendrait les initiatives américaines au Moyen-Orient alors que Washington adopte parallèlement une attitude que Téhéran présente comme hostile à la souveraineté canadienne.
Le porte-parole iranien a affirmé que cette position ne protégerait pas le Canada contre ce qu’il qualifie de « bullying » et d’agression des États-Unis.
Les tensions commerciales donnent plus de poids à l’attaque iranienne
La critique de Baghaei intervient peu après l’effondrement des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Les discussions se sont interrompues le mois dernier après que le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que les demandes américaines étaient allées trop loin. Il a résumé la situation en affirmant que Washington avait « demandé trop et offert trop peu ».
L’échec des négociations a déclenché de nouvelles mesures tarifaires visant environ 20 milliards de dollars de produits canadiens.
En réponse, le Canada a annoncé des tarifs de rétorsion « dollar pour dollar ». Ces mesures doivent entrer en vigueur mardi à 00 h 01, heure de l’Est.
Baghaei s’appuie précisément sur ce contexte pour questionner la décision canadienne de soutenir les États-Unis sur l’Iran. Il demande pourquoi Ottawa choisirait de soutenir Washington après avoir connu ce qu’il décrit comme la « mauvaise foi américaine ».
Il a également repris l’idée selon laquelle les signatures américaines seraient « écrites au crayon », suggérant qu’elles pourraient être facilement remises en cause.
Ottawa maintient pourtant sa ligne contre les actions iraniennes
La position canadienne sur l’Iran reste clairement formulée dans la déclaration évoquée dans le texte.
Le Canada condamne ce qu’il considère comme des actions déstabilisatrices de Téhéran au Moyen-Orient et affirme vouloir continuer à travailler avec ses partenaires pour exercer une pression significative sur le pays.
Cette pression inclut des sanctions.
Ottawa soutient également les efforts destinés à rouvrir le détroit d’Ormuz et à garantir la liberté de navigation.
Le texte ne montre aucun recul canadien après les critiques iraniennes. Il ne présente pas non plus une réponse officielle d’Ottawa aux déclarations de Baghaei.
Il serait donc prématuré de conclure que les commentaires iraniens ont modifié la position du Canada. À ce stade, ils constituent surtout une escalade rhétorique entre les deux gouvernements.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur du désaccord
Le détroit d’Ormuz est le point central de la confrontation diplomatique décrite dans la source.
Le Canada soutient les initiatives dirigées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour restaurer la liberté de navigation dans cette zone.
L’Iran considère pour sa part ce soutien comme un alignement direct sur la politique militaire américaine.
Baghaei ne fait donc pas de distinction nette entre appui diplomatique, soutien aux sanctions et participation à des initiatives liées à la navigation. Dans son argumentaire, ces éléments s’inscrivent dans une même stratégie occidentale dirigée contre l’Iran.
Cette divergence de perception explique la virulence de sa réponse.
Pour Ottawa, il s’agit de contribuer à la sécurité et à la liberté de navigation. Pour Téhéran, le même engagement est présenté comme une forme de soutien aux actions américaines dans la région.
L’Iran avertit aussi d’autres alliés des États-Unis
Le Canada n’est pas le seul pays visé par les avertissements iraniens.
Baghaei s’est également adressé à la Corée du Sud, autre allié des États-Unis, en mettant en garde Séoul contre une éventuelle implication militaire ou un soutien aux opérations américaines.
Le message a été publié sur X en coréen, montrant que Téhéran souhaite adresser directement ses avertissements aux opinions publiques et gouvernements concernés.
Selon les informations disponibles, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré pendant le week-end qu’il était en « étroite communication avec les pays concernés » afin d’aider à rétablir la paix et la stabilité au Moyen-Orient le plus rapidement possible.
La Corée du Sud avait également indiqué la semaine précédente qu’elle examinait plusieurs options, y compris des mesures militaires, pour soutenir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Le texte ne dit pas qu’une décision finale de déploiement a été prise.
Téhéran menace de « conséquences sérieuses » en cas de participation militaire
L’avertissement adressé à Séoul est plus large qu’une simple critique politique.
Baghaei a affirmé que tout pays maintenant une présence militaire ou participant aux opérations américaines dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz serait considéré comme soutenant directement les responsables de ce que l’Iran qualifie d’agression.
Il a ajouté qu’une telle participation entraînerait de « sérieuses conséquences ».
La déclaration ne précise pas la nature de ces conséquences.
Il serait donc incorrect d’en déduire une mesure militaire, économique ou diplomatique spécifique.
Le message reste néanmoins clairement dissuasif.
Téhéran cherche à décourager les alliés de Washington de participer à des initiatives militaires ou sécuritaires dans la région.
La critique iranienne vise à exploiter les divisions entre alliés occidentaux
L’un des éléments les plus importants de la déclaration de Baghaei est sa tentative de relier le dossier iranien aux tensions internes entre les partenaires occidentaux.
Le Canada soutient les États-Unis sur le détroit d’Ormuz, mais il se trouve en conflit commercial avec Washington.
Donald Trump publie parallèlement une image représentant le Canada comme faisant partie des États-Unis.
Téhéran transforme cette juxtaposition en argument politique.
Selon Baghaei, Ottawa choisit d’aider une puissance qui, dans le même temps, exerce sur lui une pression économique et symbolique.
Le message iranien cherche donc à présenter l’alignement canadien comme incohérent plutôt qu’à contester uniquement le fond de la politique sur le détroit.
Les propos de Trump alimentent la dimension souveraineté du différend
La publication du président américain joue un rôle important dans le discours iranien.
Elle montrait le territoire américain couvrant le Canada, le Groenland et l’Islande.
Cette image s’inscrit dans une série de commentaires de Trump au cours de son second mandat sur l’idée de faire du Canada le 51e État et d’annexer le Groenland.
Baghaei s’appuie sur cette publication pour affirmer que les États-Unis manifestent un mépris pour la souveraineté canadienne.
Ce n’est pas Ottawa qui est cité dans le texte comme faisant ce lien entre le post de Trump et la question de l’Iran. C’est Téhéran.
Cette distinction est essentielle, car elle montre que l’Iran construit lui-même cette interprétation afin de critiquer la politique canadienne.
La rhétorique iranienne ne change pas la nature des engagements canadiens
Le texte ne fournit aucune indication selon laquelle le Canada aurait annoncé un déploiement militaire direct dans le détroit d’Ormuz.
Ottawa soutient les efforts conduits par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni et souhaite maintenir une pression importante sur l’Iran, notamment via les sanctions.
Il est donc important de ne pas confondre soutien politique et participation opérationnelle directe si cette dernière n’est pas confirmée.
Baghaei utilise toutefois une formulation large, assimilant l’appui aux initiatives américaines à une forme d’alignement sur l’« agression » qu’il dénonce.
Cette différence entre ce que le Canada a annoncé et la manière dont l’Iran le décrit constitue le cœur du désaccord diplomatique.
Le Canada affronte simultanément deux fronts de tension
La situation place Ottawa dans une position diplomatique délicate.
D’un côté, le Canada maintient une position ferme contre l’Iran et soutient les initiatives visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.
De l’autre, ses relations avec les États-Unis sont traversées par un conflit commercial suffisamment grave pour avoir provoqué des tarifs sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens et des contre-mesures équivalentes.
Ces deux dossiers sont distincts.
Téhéran cherche pourtant à les réunir politiquement.
Baghaei affirme en substance que les tensions commerciales devraient pousser Ottawa à reconsidérer son alignement avec Washington sur les questions de sécurité régionale.
Le gouvernement canadien, selon le texte, n’a pas adopté cette logique.
Les représailles tarifaires canadiennes commencent au même moment
Le calendrier ajoute une dimension supplémentaire.
Les tarifs de rétorsion canadiens doivent entrer en vigueur mardi à 00 h 01, heure de l’Est.
Ils répondent directement aux nouvelles mesures américaines prises après l’échec des négociations commerciales.
Le Canada a choisi une réponse « dollar pour dollar », ce qui montre l’intensité du différend bilatéral.
Pour Baghaei, ce contexte offre un exemple concret de la manière dont Washington exerce une pression sur Ottawa.
Il l’utilise pour soutenir sa thèse selon laquelle le Canada ne devrait pas s’attendre à être protégé de la pression américaine simplement en soutenant les États-Unis ailleurs.
Il s’agit toutefois d’une interprétation iranienne, et non d’une conclusion démontrée par les faits décrits.
La Corée du Sud montre que le message iranien est plus large
L’avertissement adressé à Séoul confirme que la critique de Téhéran ne vise pas uniquement le Canada.
L’Iran semble chercher à décourager un groupe plus large de partenaires américains de rejoindre ou soutenir les opérations dans le détroit d’Ormuz.
Le cas sud-coréen est particulièrement important parce que Séoul examinait des options incluant des mesures militaires.
Baghaei a donc formulé un avertissement explicite contre toute présence ou participation militaire dans le golfe Persique et le détroit.
Le texte ne rapporte pas de décision finale de la Corée du Sud.
Il montre seulement que le gouvernement évalue différentes possibilités et maintient des contacts avec d’autres pays concernés.
Conclusion
L’Iran a intensifié sa critique du Canada après qu’Ottawa a condamné les actions de Téhéran au Moyen-Orient et soutenu les efforts menés par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Esmaeil Baghaei a qualifié la position canadienne de « confusion stratégique » et a cherché à relier le dossier iranien aux tensions commerciales entre Ottawa et Washington. Il a également utilisé une publication de Donald Trump représentant le Canada comme faisant partie des États-Unis pour accuser Ottawa de céder à un partenaire qui ne respecterait pas sa souveraineté.
Point clé final
La confrontation ne porte plus uniquement sur le détroit d’Ormuz. Téhéran tente désormais d’exploiter les tensions commerciales et politiques entre le Canada et les États-Unis pour affaiblir la justification de la position canadienne. Ottawa, de son côté, maintient son soutien aux sanctions et aux initiatives liées à la liberté de navigation. Les avertissements adressés parallèlement à la Corée du Sud montrent que l’Iran cherche plus largement à dissuader les alliés américains de renforcer leur implication dans le golfe Persique.



