Bessent accuse la Chine des à-coups de l’or
1. Chine : boom boursier propulsé par les institutionnels
Les actions chinoises atteignent des niveaux jamais vus depuis une décennie, avec l’indice Shanghai Composite en hausse de 25 % depuis avril. Cette hausse, soutenue par les institutions d’État, les ETF, les fonds communs et les investisseurs fortunés, reflète un soutien structurel plus que spéculatif. Malgré une reprise économique timide, la valeur résiduelle des actions attire les capitaux. Le financement sur marge a culminé à 2 800 milliards de yuans, un record depuis 2015, signe d’un effet levier massif et d’un enthousiasme piloté par les entités institutionnelles, tandis que les investisseurs particuliers et étrangers demeurent prudents, suggérant un potentiel de croissance latent.
2. Fed affaiblie et rotation des marchés américains
Aux États-Unis, le S&P 500 atteint un nouveau record. Nvidia, malgré des résultats meilleurs que prévu, voit son action reculer, tandis que le Russell 2000, composé de petites valeurs, accélère. Ce mouvement traduit une rotation de la tech vers des segments plus traditionnels ou domestiques. Les rendements obligataires baissent fortement, les marchés anticipant une probabilité de 90 % d’une baisse des taux dès le mois prochain. Parallèlement, la tentative de limogeage d’un gouverneur de la Fed par Donald Trump crée une tension autour de son indépendance, fragilisant la confiance.
3. Crypto : régulation en marche, stabilité en question
Sur le plan réglementaire, l’Europe accélère. L’EBA (Autorité Bancaire Européenne) publie des standards techniques visant à harmoniser la prise en compte des crypto-actifs dans les exigences de capital des établissements financiers, s’alignant ainsi sur MiCA et les normes bâloises. Ce cadre clarifie les expositions, le netting, la comptabilisation des positions longues comme courtes, et permet une transition prudente vers des règles pérennes.
Les régulations évoluent aussi dans les États. En France, un prestataire non enregistré (Bitstamp Europe) a été jugé responsable au civil après avoir continué à opérer illégalement, illustrant que la conformité est désormais une obligation juridique à part entière, indépendamment d’une faute opérationnelle.
Au-delà de l’UE, interface mondiale en préparation : l’OCDE impose le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) pour la collecte et l’échange automatique des données fiscales relatives aux crypto-transactions. L’UE l’adoptera dès janvier 2026, renforçant la traçabilité des flux dans l’espace crypto.


4. Crypto & marchés globalisés : leçons d’un podcast brisant les illusions
Le modèle des « pump and dump » fait un retour inquiétant : les fraudes sur les small caps chinoises financées par réseaux sociaux ont explosé, avec une hausse de 300 % des plaintes au FBI. La régulation peine à suivre cette recrudescence.
Dans la même chronique, l’UE envisage un euro digital sur blockchain publique (Ethereum ou Solana), une tentative pour contrer la domination des stablecoins privés émis aux États-Unis et promouvoir la souveraineté monétaire européenne.
5. Perspectives d’investissement : flexibilité et vigilance
- Chine : le rallye est solide, mais dépend de l’engagement des institutions ; une ouverture accrue aux investisseurs étrangers créerait un effet multiplicateur durable.
- États-Unis : la rotation vers les small caps suggère un cycle de croissance interne. Toutefois, la Fed affaiblie pourrait déclencher des scénarios de volatilité extrême si le pouvoir politique s’immisce davantage.
- Crypto : la régulation, bien que tardive, crée un cadre plus prédictible pour les investisseurs. Les acteurs non conformes s’exposent à de lourdes sanctions civiles financières. La transparence fiscale via CARF rend le terrain crypto moins opaque.
Conclusion
Nous entrons dans une phase où la finance mondiale se réécrit : la Chine capitalise sur ses leviers institutionnels, les marchés américains pivotent vers des segments plus domestiques dans un contexte politique instable, et l’écosystème crypto gagne en structure juridique. Les investisseurs avisés combineront diversification géographique, surveillance politique, et conformité réglementaire, capables de tirer profit tout en limitant la vulnérabilité aux chocs.



