Bitcoin proche de son “bottom absolu” ? Un analyste estime que le dernier nettoyage approche
Le Bitcoin traverse à nouveau une phase charnière, à la fois technique, psychologique et cyclique. Après avoir cassé une structure baissière importante puis tenté un rebond vers une zone de reprise, la principale cryptomonnaie évolue dans une région où le marché se demande si le pire est déjà passé ou si, au contraire, un dernier mouvement de capitulation reste encore à venir. Pour certains analystes, la réponse penche de plus en plus vers la seconde hypothèse.
Selon une lecture récemment mise en avant par l’analyste Ali Martinez, Bitcoin pourrait être sur le point d’entrer dans ce qu’il appelle la dernière correction du cycle avant le prochain véritable bull market. Cette idée repose sur un comportement récurrent observé au cours des grands cycles baissiers précédents : le croisement entre les moyennes mobiles simples à 50 et 200 périodes sur le graphique en trois jours aurait historiquement marqué l’approche du “bottom absolu” des grands marchés baissiers depuis 2014.
Ce signal, pris isolément, pourrait déjà attirer l’attention. Mais il devient encore plus intéressant parce qu’il intervient alors que Bitcoin vient également de confirmer la cassure d’une figure de bear flag sur le graphique journalier, puis de remonter pour tester cette zone depuis le dessous. Cette combinaison de signaux alimente une lecture de plus en plus défensive : le marché pourrait être en train de préparer un dernier nettoyage, potentiellement violent, avant de construire la base du prochain cycle haussier.
Cela ne signifie pas que le scénario est garanti. Aucun signal technique ne fonctionne mécaniquement à tous les coups. Mais la convergence entre structure historique, positionnement cyclique, cassure graphique et perte de momentum fait que cette hypothèse mérite désormais d’être prise au sérieux, surtout pour les investisseurs qui cherchent à comprendre où se situe réellement Bitcoin dans son cycle actuel.
Un signal historique qui revient au centre du débat
L’analyse d’Ali Martinez repose sur un élément simple mais puissant : le croisement des moyennes mobiles simples à 50 et 200 périodes sur le graphique en trois jours. Historiquement, ce croisement aurait marqué, depuis 2014, le début de la dernière phase de purge avant la formation d’un point bas macro majeur.
L’idée n’est pas que le marché touche instantanément son plancher au moment exact du croisement. Le point plus subtil, et plus important, est que ce signal marquerait l’entrée dans la fenêtre finale de correction. En d’autres termes, lorsque ces deux lignes se croisent, le marché n’a pas nécessairement fini de baisser, mais il entrerait dans la phase où le dernier mouvement baissier devient de plus en plus probable avant la transition vers le prochain grand cycle haussier.
D’après Martinez, les épisodes de 2014, 2018 et 2022 montrent une structure similaire. Dans chacun de ces cas, Bitcoin avait déjà fortement corrigé depuis son sommet de cycle au moment du croisement, avec des baisses comprises entre 50 % et 72 %. Pourtant, la cryptomonnaie avait encore poursuivi sa descente après le signal, souvent pendant plusieurs semaines supplémentaires, avant de former son véritable creux.
Ce détail est essentiel, car il casse une idée souvent trop simpliste des bottoms de marché. Le point bas absolu n’est pas toujours visible quand le marché commence à envoyer ses premiers signaux de capitulation avancée. Très souvent, il se construit dans un climat encore baissier, alors même qu’une grande partie des investisseurs n’a plus envie d’entendre parler de reprise.
Ce que disent les cycles précédents
Si l’on suit la logique historique avancée par l’analyste, le schéma est particulièrement intéressant. Sur les douze dernières années, après le croisement des deux moyennes sur le graphique en trois jours, Bitcoin aurait encore corrigé entre 23 et 33 jours avant de former une nouvelle jambe baissière plus marquée. Cette jambe supplémentaire se serait traduite par des replis additionnels de 45 % à 52 % avant la formation d’un point bas.
Le cas de 2022 est lui aussi instructif. Un plus bas encore plus faible s’était formé 156 jours plus tard, complétant la structure baissière et ouvrant la voie au bull market suivant. Cela montre que, même lorsqu’un marché s’approche d’un plancher structurel, la construction du bas peut rester longue, instable et très inconfortable.
Dans le cycle actuel, Bitcoin aurait déjà enregistré une correction d’environ 52 % depuis son sommet d’octobre 2025. Le croisement des moyennes concernées aurait eu lieu le 27 février. Selon cette lecture, le marché se trouverait désormais environ trente jours après le signal, soit précisément dans la zone temporelle où, historiquement, le dernier mouvement de nettoyage devient beaucoup plus plausible.
C’est ce qui amène Martinez à parler d’une “Final Accumulation Window” susceptible de commencer dans les trois à six jours à venir si l’histoire continue de “rimer” avec les cycles précédents.
Pourquoi ce “dernier nettoyage” peut effrayer même s’il est potentiellement sain
L’un des aspects les plus paradoxaux des marchés baissiers est que les meilleurs points d’entrée de long terme se construisent souvent dans les pires conditions émotionnelles. Un dernier mouvement de capitulation, s’il a bien lieu, serait probablement très intimidant. Il viendrait après une longue baisse, après une phase d’espoir avortée, et dans un moment où beaucoup d’investisseurs commenceraient à douter de la capacité du marché à retrouver rapidement une dynamique positive.
C’est justement pour cela que Martinez parle du croisement comme d’une “Golden Opportunity” pour les investisseurs de long terme. Historiquement, ces zones ont souvent correspondu à des moments où le marché semblait encore extrêmement fragile, alors même qu’il se rapprochait structurellement d’un point bas majeur.
Dans son raisonnement, les zones d’accumulation les plus importantes se situeraient autour de 40 000 dollars et 30 000 dollars, en supposant un nouveau “reset” de l’ordre de 40 % à 50 %. Ces niveaux ne sont pas présentés comme des certitudes, mais comme des zones possibles dans le cadre d’une répétition historique des cycles précédents.
Ce genre de lecture intéresse surtout les investisseurs qui raisonnent à l’échelle du cycle. Pour eux, la question n’est pas seulement de savoir si Bitcoin peut encore perdre 10 %, 15 % ou 20 % à court terme. Elle est de savoir si cette baisse supplémentaire pourrait faire partie de la toute dernière séquence de faiblesse avant la construction du prochain grand mouvement haussier.
La cassure du bear flag renforce le scénario baissier de court terme
Au-delà de la lecture cyclique, le graphique de court et moyen terme reste lui aussi sous pression. Après avoir terminé la semaine autour de 66 000 dollars, Bitcoin est remonté vers la zone des 67 000 à 68 000 dollars pour retester un niveau technique clé par le bas. Ce rebond est surveillé de près, car il intervient juste après la cassure d’une figure de bear flag développée sur l’unité journalière.
Bitcoin évoluait depuis près de deux mois dans une large zone comprise entre 62 000 et 74 000 dollars. À l’intérieur de cette plage, une structure baissière de type drapeau semblait progressivement prendre forme depuis le début du mois de février. La correction de la semaine dernière a accentué cette pression, avec un repli de plus de 10 % depuis les sommets récents jusqu’à un plus bas de quatre semaines autour de 65 000 dollars dimanche.
Ce mouvement a conduit Bitcoin à perdre la borne inférieure de sa figure de bear flag, ce qui ouvre la porte à une deuxième jambe de baisse. L’analyste Crypto Jelle a souligné que le marché était justement en train de retester cette ancienne zone de support depuis le dessous. Si le prix échoue à la reconquérir et se fait rejeter, cela confirmerait que le support est devenu résistance, ce qui est un comportement typique de validation baissière.
Autrement dit, le marché ne se trouve pas seulement dans une zone statistiquement sensible du point de vue cyclique. Il se trouve aussi dans une situation très exposée du point de vue graphique, où chaque rebond risque d’être vendu tant qu’une reconquête plus franche ne se produit pas.
Le marché teste une zone cruciale entre reprise technique et rejet potentiel
La région des 67 000 à 68 000 dollars est donc particulièrement importante. Si Bitcoin parvient à repasser au-dessus de cette zone avec conviction, le marché pourrait gagner un peu de temps et retarder la lecture d’une capitulation imminente. Mais si le rebond échoue ici, la cassure du bear flag apparaîtra beaucoup plus propre et le scénario d’une nouvelle jambe baissière deviendra plus crédible.
C’est souvent à ce type de moment que le marché révèle sa véritable force. Un actif fort reprend rapidement ses anciens supports et piège les vendeurs qui ont anticipé trop vite une poursuite baissière. Un actif faible, au contraire, remonte juste assez pour tester sa zone cassée, puis repart à la baisse en confirmant que la cassure était légitime.
Pour l’instant, Bitcoin reste dans cet entre-deux inconfortable. Il rebondit, mais sur fond de pression technique. Il tient encore certaines zones, mais dans une structure plus fragile qu’auparavant. Et surtout, il le fait au moment même où plusieurs lectures historiques suggèrent que la fenêtre du dernier grand nettoyage pourrait s’ouvrir.
Le niveau Fibonacci évoqué renforce l’idée d’un bas encore plus bas
Un autre élément souvent mis en avant par les analystes de marché concerne les niveaux de retracement de Fibonacci. Selon Crypto Jelle, les points bas des précédents bear markets se sont historiquement formés sous le niveau de retracement 0,618. Dans la configuration actuelle, cela pourrait placer un point bas potentiel sous la zone des 57 000 dollars.
Ce type de lecture ne doit pas être traité comme une science exacte, mais il ajoute une couche supplémentaire à la prudence actuelle. Si les précédents cycles ont tous nécessité une extension plus profonde sous certains seuils techniques avant de former leur bottom, alors le marché pourrait encore avoir besoin d’un vrai moment de désespoir avant de repartir durablement.
La remarque de Jelle, “Is this time different? Doubt it”, résume bien l’état d’esprit de nombreux observateurs techniques. Tant que le marché n’a pas clairement invalidé la structure baissière actuelle, beaucoup préfèrent partir du principe que le cycle continue de se comporter comme les précédents, plutôt que d’anticiper une exception optimiste.
Ce que cela signifie pour les investisseurs de long terme
Pour les investisseurs de long terme, ce type de configuration crée un paradoxe difficile à gérer. D’un côté, le risque de baisse supplémentaire reste réel et potentiellement marqué. De l’autre, si l’on suit les précédents cycles, c’est justement ce type de baisse finale qui a souvent offert les meilleures fenêtres d’accumulation pour ceux qui raisonnent sur plusieurs années.
Cela ne veut pas dire qu’il faut acheter aveuglément chaque repli ou supposer que le marché est forcément proche d’un plancher absolu. Cela veut dire que le marché entre dans une phase où le rapport entre douleur de court terme et opportunité de long terme devient de plus en plus intéressant pour les profils les plus patients.
Les zones avancées par Martinez autour de 40 000 et 30 000 dollars peuvent sembler extrêmes aujourd’hui, surtout après des mois où le marché a défendu des niveaux bien plus élevés. Mais les marchés baissiers ont précisément pour caractéristique de rendre les scénarios extrêmes plus plausibles qu’ils ne le paraissent au moment où ils sont évoqués.
Pour un investisseur de long terme, la vraie question n’est donc pas seulement “jusqu’où peut encore baisser Bitcoin ?”, mais aussi “à partir de quel moment une nouvelle faiblesse commence-t-elle à ressembler davantage à une zone d’accumulation qu’à un simple signal de danger ?”
Le prochain mouvement comptera probablement plus que les derniers rebonds
À ce stade du cycle, les petits rebonds ont moins d’importance que la structure du prochain mouvement majeur. Bitcoin peut encore connaître quelques jours de reprise technique, de soulagement ou de stabilisation. Mais ce qui comptera réellement, c’est la façon dont le marché réagira ensuite.
S’il rejette clairement le retest du bear flag et accélère à la baisse, alors l’idée d’un dernier washout gagnera rapidement en crédibilité. Si au contraire il reprend franchement ses niveaux cassés et retrouve une dynamique plus forte, le scénario baissier devra être réévalué. Pour l’instant, la première option semble avoir davantage de cohérence avec les signaux techniques observés.
Le marché entre donc dans une zone où la patience et la discipline deviennent plus importantes que les réactions émotionnelles. Les prochains jours pourraient jouer un rôle déterminant dans la validation ou non de ce scénario de correction finale.
Conclusion
Bitcoin se retrouve à un moment de marché particulièrement sensible. D’un côté, une lecture cyclique fondée sur le croisement des moyennes mobiles à 50 et 200 périodes sur le graphique en trois jours suggère que la cryptomonnaie pourrait être sur le point d’entrer dans la dernière phase de correction avant le prochain bull market. De l’autre, la cassure confirmée d’un bear flag journalier et le retest actuel de cette structure depuis le dessous renforcent le risque d’un nouveau mouvement baissier à court terme.
Les cycles précédents montrent que ces phases peuvent être violentes, prolongées et émotionnellement difficiles, tout en marquant paradoxalement certaines des meilleures opportunités d’accumulation pour les investisseurs de long terme. Les zones évoquées autour de 40 000 et 30 000 dollars restent hypothétiques, mais elles s’inscrivent dans une lecture où un dernier grand reset pourrait encore précéder la construction d’un point bas générationnel.
À court terme, Bitcoin doit maintenant prouver qu’il peut reconquérir ses niveaux cassés. S’il échoue, le scénario d’un “final washout” deviendra beaucoup plus difficile à ignorer. Et si l’histoire continue effectivement de rimer avec les cycles précédents, alors le marché pourrait être bien plus proche de son dernier choc baissier… que de sa prochaine vraie euphorie.



