Trump évoque le pétrole iranien alors que la diplomatie sur le détroit d’Hormuz s’enlise
Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient poursuivre leur campagne contre l’Iran et éventuellement conserver le contrôle du pétrole iranien, en comparant cette possibilité à l’accord conclu plus tôt cette année avec le Venezuela. Ces propos interviennent alors que les efforts diplomatiques autour du détroit d’Hormuz connaissent un nouveau revers et que les cours du pétrole restent au-dessus de 100 dollars le baril.
S’exprimant dimanche lors de l’Irish Open en Irlande, le président américain a indiqué que Washington finirait par sortir de la guerre, sauf si les États-Unis décidaient de rester et de « garder le pétrole comme au Venezuela ». Il a également affirmé que les revenus obtenus grâce à l’accord vénézuélien avaient déjà permis de financer plusieurs fois le coût de la guerre.
Cette référence au Venezuela donne une dimension économique supplémentaire aux déclarations américaines sur le conflit iranien. Elle intervient au moment où les négociations régionales destinées à trouver un arrangement sur la circulation maritime dans le détroit d’Hormuz ont été reportées.
Le précédent vénézuélien utilisé comme référence
L’accord conclu avec le Venezuela en août avait accordé aux États-Unis un contrôle majoritaire sur plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières vénézuéliennes. Ce volume représente plus du double des propres réserves américaines selon les informations fournies.
En échange, 209 milliards de dollars doivent revenir au Trésor public vénézuélien. Le secrétaire d’État Marco Rubio avait également déclaré que l’accord pourrait attirer près de 100 milliards de dollars d’investissements privés destinés à soutenir l’économie du pays.
Trump s’appuie désormais sur cet accord pour évoquer ce qui pourrait arriver à l’issue du conflit avec l’Iran. Il n’a toutefois pas annoncé qu’un accord de même nature avait été négocié avec Téhéran. Sa déclaration décrit une possibilité dans laquelle les États-Unis prolongeraient leur présence et prendraient le contrôle du pétrole, sans présenter de mécanisme précis.
La comparaison place néanmoins la question des ressources énergétiques au centre du discours présidentiel au moment où la guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans son septième mois.
Trump dit toujours attendre une fin de guerre cette année
Malgré sa référence à une éventuelle présence prolongée, Trump a déclaré dimanche qu’il s’attendait à ce que la guerre contre l’Iran se termine en 2026, éventuellement après les élections américaines de mi-mandat de novembre.
Le président a également affirmé qu’une fin du conflit entraînerait une chute brutale des prix de l’essence.
Il a déclaré qu’il n’accepterait que le « bon accord » et a affirmé que Téhéran appelait constamment pour discuter de paix. L’Iran a déjà rejeté cette affirmation concernant des demandes répétées de négociations.
Il existe donc un contraste entre le discours américain sur une possible sortie du conflit et la dégradation de la situation diplomatique autour d’Hormuz. Alors que Trump évoque un accord potentiel, aucune négociation directe entre Washington et Téhéran n’est actuellement en cours selon les informations fournies.
Une réunion régionale sur Hormuz est reportée
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a annoncé dimanche le report d’une réunion prévue à Oman entre l’Iran et plusieurs pays du Golfe.
La rencontre devait porter sur de possibles accords concernant le détroit d’Hormuz, passage stratégique pour les flux mondiaux de pétrole et de gaz. Albusaidi a expliqué que le report était nécessaire afin d’obtenir un « consensus ».
Les responsables iraniens et ceux des pays du Golfe devaient se rencontrer lundi. Ils étaient notamment censés signer un accord établissant une route maritime entre l’Iran et Oman à travers le détroit.
Le report intervient donc avant même que cette mesure puisse être formalisée. Aucun nouveau calendrier n’a été annoncé dans les informations fournies.
Hormuz reste au centre de la crise énergétique
Le détroit d’Hormuz est soumis à des restrictions navales depuis le début de la guerre en février. L’Iran a d’abord imposé un blocus, auquel s’est ensuite ajouté un blocus naval américain.
Cette situation contribue à maintenir les prix mondiaux de l’énergie à des niveaux élevés.
Les navires considérés comme ne respectant pas les exigences imposées sont régulièrement visés par des frappes iraniennes, tandis que les États-Unis bombardent périodiquement la côte iranienne afin de contester le contrôle exercé par la République islamique sur le passage maritime.
Ces opérations montrent pourquoi un accord régional autour du détroit représente un enjeu majeur. Hormuz n’est pas seulement un sujet diplomatique entre plusieurs gouvernements. Le passage constitue également une infrastructure essentielle pour les flux énergétiques mondiaux.
Tant qu’aucun accord durable n’est trouvé, la sécurité maritime reste directement liée aux perspectives du marché pétrolier.
L’accord de juin n’avait pas résisté aux désaccords
Washington et Téhéran avaient déjà conclu un accord en juin, mais celui-ci s’est effondré en raison de désaccords concernant précisément cette voie maritime.
L’échec de cet accord constitue un précédent important pour les négociations actuelles. Même lorsque les deux parties parviennent à une forme d’entente, la question du contrôle et du passage dans le détroit demeure suffisamment sensible pour remettre en cause l’ensemble du processus.
Le report de la réunion en Oman montre que les pays du Golfe et l’Iran n’ont pas encore trouvé le consensus nécessaire pour avancer sur un nouvel arrangement.
Dans ce contexte, les déclarations américaines sur une fin prochaine de la guerre restent confrontées à une réalité diplomatique difficile.
Le Bab el-Mandeb devient un deuxième point de pression
Les tensions ne sont plus limitées au seul détroit d’Hormuz. Une offensive récente menée par les rebelles houthis du Yémen a renforcé l’influence du groupe allié à Téhéran sur un deuxième passage maritime stratégique : le Bab el-Mandeb.
Cette évolution élargit la dimension géographique des risques pour le transport énergétique.
Hormuz et Bab el-Mandeb représentent deux passages différents, mais les tensions simultanées autour de ces voies augmentent les inquiétudes concernant la circulation des marchandises et de l’énergie dans la région.
L’offensive houthie ajoute donc une nouvelle difficulté à un environnement dans lequel les marchés surveillaient déjà le conflit entre Washington et Téhéran.
Le pétrole repasse durablement au-dessus de 100 dollars
La conséquence la plus visible pour les marchés reste l’évolution des prix du brut.
Les cours ont franchi de nouveau 100 dollars le baril pour la première fois depuis mai. Ils ont ensuite progressé davantage lundi après la fermeture par l’Arabie saoudite d’un important oléoduc Est-Ouest.
Cette fermeture a suivi des dommages provoqués par des drones irakiens.
Les contrats à terme sur le West Texas Intermediate américain progressaient de 2,3 % à 102,39 dollars le baril. Le Brent, référence internationale, gagnait 2,4 % et se négociait à 107,11 dollars.
Ces niveaux montrent que la tension autour des infrastructures et voies d’acheminement reste pleinement intégrée aux prix du marché.
Le discours de Trump ajoute une nouvelle question sur l’après-guerre
Jusqu’ici, une grande partie des discussions portait sur la durée de la guerre, la circulation dans le détroit d’Hormuz et les conséquences du conflit pour l’approvisionnement énergétique.
Les déclarations de Trump ajoutent désormais une autre dimension : ce qui pourrait arriver aux ressources pétrolières iraniennes dans l’hypothèse d’une poursuite ou d’une fin du conflit.
Le président américain a établi une comparaison directe avec le Venezuela, mais les situations ne sont pas présentées comme juridiquement ou politiquement identiques dans les informations fournies.
Il n’existe actuellement aucun accord annoncé donnant aux États-Unis un contrôle sur les réserves iraniennes. Le commentaire reste donc une déclaration sur une possibilité envisagée par Trump.
La comparaison souligne néanmoins la place prise par le pétrole dans sa présentation du coût et du résultat potentiel des opérations militaires.
La promesse d’une baisse de l’essence dépend de la fin des hostilités
Trump a également relié directement la fin de la guerre à une baisse attendue des prix de l’essence.
Selon lui, les prix devraient « chuter comme une pierre » lorsque le conflit prendra fin.
Cette prévision intervient alors que le pétrole reste au-dessus de 100 dollars et que plusieurs infrastructures énergétiques sont touchées ou contraintes par les affrontements.
Le détroit d’Hormuz reste soumis aux conséquences des blocus. L’accord régional qui devait être discuté en Oman est retardé. Le Bab el-Mandeb subit également de nouvelles tensions. Enfin, l’Arabie saoudite a fermé un oléoduc stratégique après des dommages liés à des drones.
Dans un tel environnement, la trajectoire du pétrole continue de dépendre directement de l’évolution militaire et diplomatique.
Les négociations régionales deviennent aussi importantes que Washington et Téhéran
L’absence actuelle de discussions directes entre les États-Unis et l’Iran donne davantage d’importance aux efforts diplomatiques menés par les pays du Golfe et Oman.
La réunion reportée devait créer une forme d’accord pratique autour de la navigation et établir une route maritime Iran-Oman.
Son échec à se tenir à la date prévue ne signifie pas que les discussions sont définitivement abandonnées, mais il montre que les parties n’ont pas encore atteint le niveau de consensus nécessaire.
Le rôle d’Oman demeure donc important dans les efforts visant à réduire les tensions autour d’Hormuz.
L’énergie reste l’un des principaux points de transmission du conflit
La guerre affecte directement les marchés parce qu’elle touche des infrastructures et passages associés à l’énergie.
Les prix du pétrole ont franchi 100 dollars. Le détroit d’Hormuz reste sous pression. Un deuxième passage stratégique, Bab el-Mandeb, est affecté par les opérations houthies. Un oléoduc saoudien a été fermé après avoir subi des dommages.
Ces événements donnent aux déclarations de Trump sur le contrôle potentiel du pétrole iranien une portée dépassant la simple rhétorique politique.
Le pétrole est simultanément une ressource évoquée dans les objectifs de l’après-guerre, un élément important des recettes mentionnées dans le précédent vénézuélien et un facteur central des conséquences économiques actuelles du conflit.
Une issue reste difficile à définir
Trump affirme toujours prévoir une fin de la guerre cette année et envisage la période suivant les élections de mi-mandat comme un moment possible. Il affirme aussi que l’Iran cherche à négocier et qu’il acceptera uniquement un accord qu’il considère favorable.
Mais plusieurs éléments montrent que la sortie du conflit reste incertaine. Les discussions directes entre Washington et Téhéran ne sont pas en cours. La réunion d’Oman a été reportée faute de consensus. L’accord de juin avait déjà échoué sur la question d’Hormuz, tandis que les opérations militaires continuent autour de plusieurs axes énergétiques.
Dans ce contexte, la déclaration sur une possible conservation du pétrole iranien ouvre une nouvelle question sans apporter de réponse sur les conditions d’un futur règlement. Pour les marchés, la situation reste surtout caractérisée par des risques persistants sur les flux énergétiques, visibles dans un WTI supérieur à 102 dollars et un Brent dépassant 107 dollars le baril.



