Monero : une collecte de 45 XMR pour financer son développement
La communauté Monero est sollicitée pour financer trois mois de développement à temps plein consacrés aux logiciels et aux infrastructures de confidentialité du réseau. Le développeur jpk68 demande 45 XMR dans le cadre du Community Crowdfunding System (CCS), un mécanisme reposant sur les contributions volontaires. Au 26 octobre 2026, la proposition avait recueilli 31,04 XMR auprès de 42 participants, soit près de 69 % de l’objectif. Il restait donc 13,96 XMR à réunir. Les travaux envisagés portent notamment sur les connexions Tor et I2P, l’interface graphique du portefeuille, les corrections logicielles et les examens de code.
Une proposition pour trois mois de travail à temps plein
La demande de jpk68 correspond à une activité de 40 heures par semaine pendant trois mois. Le financement sollicité vise à permettre au développeur de poursuivre ses contributions au logiciel central de Monero, plutôt qu’à rémunérer une fonctionnalité unique. Cette approche regroupe des interventions techniques complémentaires : amélioration des communications privées, maintenance du portefeuille, tests et résolution de problèmes rencontrés pendant le développement.
Le 23 octobre, jpk68 avait publiquement demandé le soutien de la communauté. Trois jours plus tard, le compte officiel de Monero sur X a mis en avant la proposition et orienté les personnes intéressées vers sa page de financement. À cette date, le montant déjà réuni ne suffisait pas encore à atteindre les 45 XMR demandés. L’existence de 42 contributeurs témoigne d’une participation à la collecte, sans garantir que le solde sera couvert.
Le développeur précise également que les obligations encore ouvertes dans une précédente proposition de financement seront achevées séparément. Les heures nécessaires à ces engagements ne seront pas imputées aux 40 heures hebdomadaires prévues dans la nouvelle demande. Cette séparation permet de distinguer les tâches déjà promises des activités pour lesquelles un soutien supplémentaire est recherché.
Tor et I2P au centre des améliorations prévues
Une partie importante du programme concerne la compatibilité de Monero avec les réseaux d’anonymisation Tor et I2P. Jpk68 souhaite poursuivre les travaux permettant aux logiciels du projet d’utiliser ces réseaux plus facilement. Les objectifs portent autant sur les composants fondamentaux que sur les modalités pratiques de connexion, notamment lorsque les utilisateurs passent par des nœuds distants.
Le développeur propose d’ajouter au logiciel monerod, le démon central de Monero, la prise en charge du protocole Tor Control. Cette modification doit permettre une configuration automatique des services onion, alors que leur mise en place nécessite actuellement davantage d’interventions manuelles. Il s’agit d’un objectif de développement présenté dans la proposition, et non d’une fonctionnalité déjà annoncée comme disponible dans cette nouvelle forme.
Un autre axe consiste à étudier l’intégration de l’implémentation existante d’I2P SAM dans le code principal du portefeuille Monero. Le but serait de faciliter les connexions passant par des nœuds distants. Le document évoque une investigation technique : il ne confirme pas que cette intégration est terminée, ni qu’un calendrier de déploiement définitif a été arrêté.
Des contributions antérieures aux logiciels Monero
Jpk68 dispose déjà d’un historique de contributions sur des sujets proches. Le développeur a travaillé à l’introduction d’I2P dans P2Pool et à l’ajout de fonctions I2P SAM dans monerod et dans le portefeuille graphique Monero. Selon ses déclarations, ce dernier chantier était resté inachevé pendant sept ans avant son intervention. Ce contexte explique pourquoi la nouvelle demande conserve une place importante aux réseaux d’anonymisation.
Ses contributions antérieures comprennent également la migration de l’interface graphique Monero vers Qt6, des corrections liées au fonctionnement du logiciel, des améliorations de la vitesse de compilation et des mises à jour documentaires. Jpk68 indique qu’environ 50 demandes de modification, ou pull requests, ont été fusionnées au cours de ses huit premiers mois de participation au projet.
La proposition actuelle prévoit de poursuivre les améliorations de l’interface graphique, de tester les réseaux d’anonymisation, d’examiner le code soumis par d’autres développeurs et de corriger les anomalies identifiées dans les activités courantes. Cette combinaison de tâches reflète un programme de maintenance et d’évolution continue. Elle ne correspond pas à l’annonce d’une refonte générale du protocole ni à la promesse d’une nouvelle version disponible à une date précise.
Comment fonctionne le financement communautaire CCS ?
Monero s’appuie largement sur les dons volontaires pour soutenir ses travaux de développement. Son Community Crowdfunding System permet aux contributeurs de présenter un projet, d’en discuter le périmètre et de solliciter directement des fonds auprès de la communauté. Contrairement aux projets qui disposent d’une trésorerie de fondation dédiée aux subventions de développement, ce mécanisme met les propositions individuelles au centre de la collecte.
Après acceptation, une proposition passe à l’étape de financement. Les personnes souhaitant la soutenir peuvent alors envoyer des XMR jusqu’à atteindre le montant demandé. Les projets financés passent ensuite dans la catégorie des travaux en cours. Les paiements sont associés aux étapes de développement convenues, ce qui distingue la collecte initiale du suivi de l’exécution.
Le CCS coexiste avec le General Fund de Monero, qui reçoit des dons pour l’infrastructure et d’autres besoins du projet. Les propositions individuelles du système participatif disposent néanmoins de leurs propres objectifs financiers et de leurs indicateurs d’avancement. Le montant recueilli par jpk68 ne doit donc pas être confondu avec les ressources du fonds général ou celles destinées à d’autres chantiers.
D’autres projets financés sur le réseau
Le tableau de bord officiel du CCS présente plusieurs initiatives consacrées aux portefeuilles, à la recherche sur le protocole, aux audits de sécurité et à la maintenance. Parmi les projets déjà financés figure un audit de l’intégration FCMP++, doté de 500 XMR. Une autre proposition prévoit 120 XMR pour soutenir le travail à temps plein du contributeur jeffro256.
Certaines demandes demeurent ouvertes. C’est notamment le cas de travaux consacrés à Cuprate, une implémentation en Rust du logiciel de nœud Monero. Ces exemples montrent la diversité des missions présentées au financement communautaire : les montants et les domaines techniques varient d’une proposition à l’autre. Leur présence sur le tableau de bord ne signifie pas que toutes les collectes ont atteint leur objectif.
Jpk68 a par ailleurs demandé que d’éventuels dons restants d’une prime I2P SAM déjà achevée soient pris en considération pour sa nouvelle proposition. Il justifie cette demande par la proximité des responsabilités de développement concernées. Rien dans les informations publiées ne confirme toutefois que ces fonds seront effectivement transférés. Le déficit de 13,96 XMR reste donc celui affiché au 26 octobre.
Monero attire aussi l’attention sur les marchés
La collecte intervient dans un contexte de regain d’activité autour des cryptomonnaies axées sur la confidentialité. Le 22 octobre, Monero avait progressé de plus de 12 %, se rapprochant de 650 dollars. Cette hausse s’accompagnait d’une augmentation des volumes échangés et de l’activité sur les contrats à terme XMR, après plusieurs séances de reprise.
Les données de produits dérivés évoquées dans la publication indiquaient une participation croissante aux contrats liés à Monero. Il convient néanmoins de distinguer ce mouvement de marché du financement de jpk68. La proximité des dates ne démontre pas que la hausse du prix a provoqué les dons, ni que la collecte explique les transactions observées. Le programme de développement et les fluctuations de cours répondent à des informations de nature différente.
Zcash et Monero suivent des trajectoires distinctes
Zcash bénéficie également d’un regain d’attention, mais pour d’autres raisons. Un ETF au comptant consacré à cette cryptomonnaie a été lancé sur NYSE Arca en août, donnant aux investisseurs utilisant des courtiers américains une autre voie d’exposition à un actif axé sur la confidentialité. Monero, de son côté, reste confronté à des restrictions de négociation sur plusieurs plateformes centralisées.
Un rapport de septembre consacré aux cryptomonnaies de confidentialité examinait ces restrictions parallèlement aux initiatives visant à faciliter les échanges natifs entre Monero et Zcash au moyen d’infrastructures décentralisées. La comparaison souligne des conditions d’accès au marché différentes. Elle ne permet pas de conclure que les deux réseaux adoptent la même stratégie technique ou rencontrent exactement les mêmes difficultés.
Des travaux sur la confidentialité dans les deux écosystèmes
Le développement se poursuit également chez Zcash. Zakura, un développeur de son infrastructure, a récemment proposé des protections supplémentaires pour les portefeuilles afin de limiter l’exposition des historiques de transactions lors d’échanges entre blockchains. Le dispositif envisagé attribuerait des clés de consultation distinctes aux transactions réalisées au moyen de NEAR Intents, avec une intégration prévue dans les logiciels compatibles.
Il s’agit là encore d’une proposition, et non d’une protection présentée comme déjà déployée. Chez Monero, les registres du CCS montrent parallèlement des contributeurs engagés sur l’intégration FCMP++, l’amélioration des portefeuilles et la maintenance du logiciel central. Les travaux de jpk68 s’inscrivent dans cette continuité, avec une attention particulière portée aux connexions anonymisées et à l’utilisation quotidienne des outils.
Une collecte toujours ouverte au 26 octobre
À la date du dernier relevé, le tableau de bord officiel classait toujours la proposition de jpk68 parmi celles nécessitant un financement. Les 31,04 XMR recueillis auprès de 42 contributeurs représentaient une part importante de l’objectif, mais ne permettaient pas encore d’engager la collecte comme entièrement financée. Le développeur continuait donc de solliciter le soutien de la communauté pour réunir les 45 XMR demandés.
La suite dépendra du montant effectivement apporté et du fonctionnement prévu par le CCS pour les propositions financées. Les tâches annoncées concernent des améliorations ciblées, des examens de code et des opérations de maintenance, sans garantie publiée sur leurs résultats définitifs. Pour l’heure, l’information principale reste celle d’une demande communautaire de trois mois de travail, partiellement financée, destinée à poursuivre l’évolution technique de Monero.
Les prochaines mises à jour du tableau de bord préciseront l’avancement.



